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MSD@ICASA - 6 DECEMBRE 2005
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Partenariat Public/Privé Laurie Garrett lauréate du prix Pulitzer

Laurie Garrett
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  Débat sur les partenariats publics/privés

Public Private Partnership debate
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Actualités

Les partenariats publics-privés (PPP) prennent de la vitesse en Afrique


En 2000, MSD a ouvert la voie en créant un partenariat public-privé novateur destiné à proposer prévention, traitement et soins anti-VIH aux habitants séropositifs du Botswana (ACHAP). .

Aujourd'hui, des initiatives similaires naissent sur tout le continent (notamment en Afrique du Sud, au Nigeria, en Côte d'Ivoire) où des entreprises aussi variées que Nigerian Breweries, Daimler Chrysler et Lafarge se sont lancées dans la lutte contre le SIDA.

Un spécialiste du SIDA basé au Foreign Relations Council de New York loue les efforts mis en œuvre et incite vivement les entreprises à ne pas se limiter à des contributions financières. « Que préféreriez-vous obtenir de DHL ? », demande Laurie Garrett, cadre du Foreign Relations Council. « Leur argent ou leur système de livraison ? »

Le forum des partenariats publics-privés montre l'implication croissante des entreprises dans la lutte contre le VIH/SIDA


ABUJA, Nigeria - Divers partenariats publics-privés utilisant les structures organisationnelles du secteur privé pour promouvoir la prévention et les traitements contre le VIH/SIDA voient aujourd'hui le jour en Afrique. C'est ce qu'ont découvert les participants à un forum de cadres supérieurs, lors d'une réunion de la 14e Conférence sur le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA).

Organisé le 6 décembre 2005 et co-présidé par Donald de Korte de Merck Sharp & Dohme (MSD), le forum a été l'occasion de présenter plusieurs projets, plus ou moins avancés, impliquant des multinationales qui opèrent en Afrique. Citons l'exemple de l'Île de Bonny au Nigeria, de Daimler Chrysler en Afrique du Sud, de Lafarge et de Heineken au Nigeria, et d'Unilever en Côte d'Ivoire.

« Nous avons besoin des compétences des grandes entreprises », déclare Laurie Garrett, cadre du Foreign Relations Council de New York. Elle a débuté la réunion en invitant les sociétés à aller au-delà de la simple application de programmes de prévention et de soins destinés à leurs employés, et à utiliser leur savoir-faire organisationnel et leurs réseaux pour enrayer l'épidémie de SIDA sur le continent africain. « Que préféreriez-vous obtenir de DHL ? », a-t-elle demandé. « Leur argent ou leur système de livraison ? »

Co-présidente de la réunion avec D. de Korte, la journaliste scientifique L. Garrett, lauréate du prix Pulitzer, a traité le sujet du SIDA pendant 20 ans avant de rejoindre la cellule de réflexion du Foreign Relations Council.

Jay R. Pryor, Directeur général de Chevron-Texaco Nigeria Ltd., a déclaré que les entreprises avaient beaucoup à offrir aux gouvernements et aux ONG dans la lutte contre le SIDA. Efficacité, savoir-faire organisationnel, travail d'équipe et « capacité à faire bouger les choses » sont autant d'atouts dont les sociétés disposent. Il reste néanmoins indéniable que les profits à court terme sont généralement l'objectif premier des sociétés, alors que la lutte contre le SIDA suppose un engagement à long terme dans des programmes de prévention et de soins du VIH.

Il a appelé tous les partenaires à aller dans le même sens

Emmanuel Alhassan, conseiller-spécialiste en partenariats publics-privés pour NACA (National Action Committee on AIDS - Comité national d'action contre le SIDA), au Nigeria, a souligné que les coalitions représentaient un avantage pour tous les partenaires. Il a relaté le rôle central déjà joué par les entreprises nationales dans la construction de maisons de jeunes favorisant la prévention du VIH, la mise en place de numéros gratuits permettant d'obtenir des renseignements sur le VIH en toute confidentialité et la diffusion par le service public de messages publicitaires sur le VIH/SIDA, via le réseau de l'opérateur téléphonique MTN, qui compte sept millions d'abonnés au Nigeria

Haladu Zangoma a quant à lui annoncé que le fabricant de ciment Lafarge avait lancé un programme global de prévention et de soins du VIH pour ses 606 employés de Funakaye (Nigeria), région reculée de l'État de Gombe. La filiale nigériane de la firme, AshakaCem, s'est associée à GTZ, agence de coopération allemande, pour proposer gratuitement des ARV à ses employés séropositifs, ainsi qu'aux membres de leur famille infectés par le VIH. Elle cible également les groupes à haut risque de la communauté (conducteurs de camion, prostituées), afin de les sensibiliser au VIH et aux traitements.

« Environ 15 % du personnel s'est volontairement soumis au test du VIH. 38 personnes suivent désormais un traitement contre le SIDA », a déclaré H. Zangoma. Il a expliqué que le programme de distribution d'ARV avait été plus lent à mettre en place dans la communauté car la population n'a pas les moyens d'acheter les médicaments, même à coût réduit. « La communauté espère bientôt recevoir une aide du gouvernement américain, dans le cadre du PEPFAR, pour financer les médicaments », a-t-il ajouté.

Le Dr Ngozi Onyia, conseillère médicale de Nigerian Breweries Plc., filiale de Heineken International, a décrit certaines des difficultés rencontrées lors de la mise en place d'un programme de prévention et de soins du VIH dans cinq usines (soit un effectif de 2 000 employés) produisant la bière blonde la plus populaire du Nigeria.

Elle a précisé que la politique anti-VIH mise en place dans la filiale nigériane était le fruit du travail de Heineken et non du personnel local. Et d'ajouter : « La direction de Nigerian Breweries n'a pas mesuré la menace que représente le VIH au Nigeria et ne souhaitait pas que sa marque soit entachée par l'image de ce virus. Nous bénéficions d'un excellent programme, mais il fait rarement l'objet de publicité, par peur des associations possibles. »

Elle a également souligné l'obstacle que constitue la méfiance ressentie face au gouvernement, par une population échaudée par les cas de corruption, l'inefficacité ambiante, la lourde bureaucratie et le manque de responsabilisation des dirigeants.

Le Dr Onyia a toutefois tenu à saluer « une nouvelle vision dans le secteur public », menée par le Président nigérian Obasanjo, et a déclaré que les fonds consentis par les organisations extérieures, dont le gouvernement américain dans le cadre du PEPFAR, étaient « utilisés à bon escient ».

Les participants au forum ont par ailleurs décrit l'un des plus ambitieux partenariats publics-privés lancés à ce jour : un effort de coopération visant à donner accès à la prévention et aux soins anti-VIH aux ouvriers de l'industrie du pétrole et du gaz naturel travaillant sur l'Île de Bonny, dans le delta du Niger. La zone, qui accueille 30 000 autochtones de la tribu Ibo et près de 150 000 autres travailleurs, est caractérisée par un niveau de pauvreté et de chômage très élevé, et des installations sanitaires déplorables, entre autres problèmes de santé publique.

Les grandes entreprises s'associent aujourd'hui aux chefs des tribus, aux membres des communautés et au gouvernement pour mettre au point un programme global de lutte contre le VIH et proposer un traitement à ceux qui en ont besoin.

Le Dr Furo Ibiama a expliqué que la principale difficulté rencontrée par le programme, prévu pour janvier 2006, était d'obtenir l'implication totale du secteur privé et de surmonter le scepticisme régnant dans la communauté. Il a ajouté que les besoins étaient immenses, avec un taux d'infection par le VIH estimé à 10 % parmi les adultes, soit deux fois la prévalence relative globale enregistrée dans tout le Nigeria.

Il a précisé que l'injection du revenu disponible des ouvriers de l'industrie du pétrole dans l'économie locale avait entraîné une forte hausse de l'activité des bars, des restaurants et des boîtes de nuit, ce qui avait généré une recrudescence des comportements à haut risque.

Le Dr Igor Any-Grah a décrit la campagne anti-SIDA mise en place par Unilever, fabricant international de produits de beauté et d'hygiène, et de produits alimentaires de marque, auprès de ses 2 000 employés répartis sur trois sites en Côte d'Ivoire. Lancé en 2001, le programme favorise la prévention du VIH, et propose l'accès gratuit aux ARV aux salariés et à leur famille. Ses initiateurs tentent aujourd'hui de fournir tests et traitements du VIH aux communautés locales, afin d'élargir l'impact du projet.

Carol O'Brien, Directrice sud-africaine du Global Business Coalition, a félicité Daimler Chrysler pour les programmes de prévention et de soins du VIH en entreprise mis en place en faveur de ses employés d'Afrique du Sud, pays détenteur du triste record du plus grand nombre de séropositifs au monde.

Elle a ajouté que la société, en partenariat avec d'autres groupes industriels et avec l'ECAC (Eastern Cape AIDS Council - Conseil anti-SIDA du Cap-Oriental), dirigeait maintenant ses efforts sur le Cap-Oriental, qui enregistre le plus fort taux de pauvreté du pays.

Pour Carol O'Brien, l'expérience menée en Afrique du Sud prouve qu'il est indispensable que les partenariats publics-privés représentent un avantage concret pour chaque intervenant, d'autant qu'un tel partenariat « ne fonctionne que si les deux parties le souhaitent réellement ». Elle a ajouté que tout partenariat reposait sur des facteurs non négociables, tels que la confiance mutuelle et le partage des honneurs comme des critiques.

Dans son introduction, L. Garrett a fait remarquer que, en dépit du nombre croissant d'entreprises s'investissant dans des programmes de lutte contre le VIH en entreprise, il n'existait « quasiment pas de données » démontrant l'efficacité réelle de telle ou telle opération. Et d'ajouter : « Nous en avons désespérément besoin ».

L. Garrett a tenu à souligner qu'aucun gouvernement, entreprise ou organisation à but non lucratif n'était en mesure de résoudre, seul, le problème du SIDA en Afrique. « Toutes les parties prenantes doivent s'allier pour déclarer la guerre au virus », a-t-elle précisé. « L'heure n'est plus à l'étroitesse. Il nous faut voir grand », a-t-elle ajouté.



Jour 3 - PRESENTATIONS PRESENTATION
  • Perspectives on PPP - Unilever
  • PPP: Problems & Prospects - Nigerian Breweries (Heineken)
  • PPP in Gombe State, Nigeria - AshakaCem (Lafarge)
  • Bonny Island: Ibanise Partnership
  • GBC: lessons learnt in SA - Daimler Chrysler & GTZ PPP
  • PPP in Nigeria


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    Article du Mois
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