Un nouveau guide pour aider les entreprises à lutter contre le VIH sur le lieu de travail
Proposer prévention, traitement et soins du VIH sur le lieu de travail peut paraître insurmontable à bon nombre d'entreprises, petites ou grandes
C'est pourquoi MSD, fort de son expérience au Botswana comme dans d'autres pays d'Afrique, a mis au point un guide constitué de directives et d'idées pratiques, afin d'aider le secteur privé à s'engager dans la lutte contre le SIDA.
Le guide, développé avec le concours d'un comité consultatif constitué de professionnels africains expérimentés, aborde tous les sujets : de l'élaboration d'une politique de lutte contre le VIH dans les entreprises, à la surveillance et à l'évaluation des programmes mis en œuvre.
Comment mettre en œuvre prévention, traitement et soins du VIH sur le lieu de travail ?
MSD lance le guide « Blueprint for business »
ABUJA, Nigeria - À l'occasion de la CISMA, Merck Sharp & Dohme (MSD) a présenté un guide concret. Regroupant stratégies et directives, ce plan a pour objectif d'aider les entreprises à mettre en place sur le lieu de travail des programmes permettant de proposer prévention, traitement et soins du VIH aux employés, à leur famille et aux communautés environnantes, dans la mesure du possible.
Développé avec le concours d'un comité consultatif international expérimenté dont les membres ont déjà participé à la mise en place de programmes sur le lieu de travail, en Afrique ou ailleurs, ce guide a été présenté le 7 décembre 2005 lors d'un atelier organisé dans le cadre de la 14e Conférence internationale sur le SIDA et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA). Plus de 300 personnes s'étaient rassemblées dans une salle de réunion de l'hôtel Sheraton d'Abuja pour écouter la présentation des membres du comité.
Coordinatrice senior à la Banque Mondiale, Elizabeth Ashbourne, responsable des partenariats avec le secteur privé dans le cadre de la lutte contre le SIDA, a loué l'implication de MSD dans le combat mondial contre le VIH et lui a recommandé de poursuivre en ce sens. Elle a souligné que la société avait ouvert la voie des partenariats public-privé grâce aux efforts considérables mis en œuvre au Botswana et, désormais, ailleurs en Afrique.
Le Dr Christophe Longuet, directeur médical des programmes anti-VIH de MSD, a quant à lui expliqué que les efforts des entreprises pour enrayer la pandémie de SIDA n'étaient pas un simple geste humanitaire, mais une question de survie pour l'économie africaine. « Si rien n'est fait contre le virus, un quart de la main-d'œuvre des pays les plus touchés (la Namibie, le Botswana, le Zimbabwe et le Mozambique, par exemple) aura disparu d'ici à 2010 », a-t-il précisé.
Le Dr Longuet a par ailleurs ajouté que le VIH entraîne non seulement des coûts accrus, notamment au niveau de l'assurance santé des employés, mais également une diminution de la productivité à cause de l'absentéisme, des fréquents renouvellements de personnel et du faible moral des employés.
Le guide « Blueprint for Business Action on HIV/AIDS » a pour objectif de fournir aux entreprises de toutes tailles des conseils pratiques et des techniques d'excellence sur la manière de commencer à aborder le problème du VIH avec leurs employés.
Prince-Igor Any Grah, spécialiste de la santé du travail chez Unilever en Côte d'Ivoire et membre du comité consultatif de MSD, a décrit les éléments constitutifs des programmes à mettre en place sur le lieu de travail. Selon lui, le fondement de tout programme passe par la reconnaissance, au niveau de la direction, du VIH en tant que problème et son engagement à prendre en compte le virus globalement, dans le cadre des activités commerciales de l'entreprise.
Une fois cet engagement pris, les sociétés doivent créer un comité de lutte contre le VIH afin de mettre au point une politique anti-VIH et un plan permettant de proposer prévention, test volontaire et ARV aux employés qui en ont besoin. Et d'ajouter que les programmes doivent par ailleurs être surveillés et évalués, et les résultats communiqués au sein de l'entreprise et à l'extérieur.
Rose Kumwenda, à la tête de la coalition contre le SIDA des entreprises du Malawi, a expliqué qu'une déclaration de politique générale sur le VIH/SIDA précise devait précéder et sous-tendre tout programme lancé sur le lieu de travail, ceci afin d'être en accord avec la législation nationale, d'établir des normes reconnues par tous, et de guider les employeurs et les responsables lors de la mise en place d'un tel programme.
George Wainaina, responsable des projets SIDA au Kenya Business Council, a expliqué que les programmes de prévention du VIH mis au point par les entreprises devaient sensibiliser et éduquer les salariés vis-à-vis du VIH, intégrer des forums de discussion et des éducateurs de groupes de pairs, impliquer les personnes séropositives, prévoir la distribution de préservatifs, proposer des conseils en interne pour les personnes touchées de près ou de loin par le virus du VIH, et permettre aux employés concernés de se soumettre à un test volontaire et d'accéder à la prophylaxie post-exposition.
Il a par ailleurs ajouté que les programmes péchaient généralement par deux points : l'absence d'implication à tous les échelons de la hiérarchie et l'insuffisance des sommes injectées par les entreprises. Enfin, il a insisté sur l'importance de proposer des traitements aux personnes infectées, et de ne pas se limiter à la prévention. « Inséparables, la prévention et le traitement forment un cercle vertueux », conclut-il.
Le Dr Henriette Meilo, qui s'est battue pour rendre les ARV accessibles au Cameroun, a précisé que fournir des médicaments sur le lieu de travail suppose un effort d'équipe, multidisciplinaire, qui n'inclut pas seulement l'entreprise, mais également le patient, la famille, l'hôpital et les ONG. Il doit y avoir une continuité dans les traitements proposés, des médicaments destinés à combattre les infections opportunistes aux ARV en passant par les soins à domicile.
Selon le Dr Meilo, les sociétés peuvent délivrer les ARV à leurs employés de diverses manières. Soit elles se chargent elles-mêmes de leur remettre les médicaments, soit elles confient cette tâche à des organismes de gestion des soins, des médecins non affiliés ou des hôpitaux publics. Elles peuvent également adresser les médicaments directement au domicile du salarié.
Pour elle, les éléments suivants conditionnent la réussite des programmes mis en œuvre : garantie de confidentialité pour les employés et leur famille ; engagement de l'entreprise à ne prendre aucune mesure discriminatoire envers les employés infectés ; implication des employés dans l'établissement des programmes et participation volontaire des salariés ; proposition de médicaments aux membres séropositifs de la famille des employés et poursuite du traitement des employés qui quittent l'entreprise
Enfin, Emmanuel Alhassan, du NACA (National Action Committee on AIDS - Comité national d'action contre le sida), a souligné le rôle majeur des partenariats publics-privés dans la pérennité des programmes mis en œuvre, tandis que la présentation d'Éric Maville, de la GBC, sur la surveillance et l'évaluation a montré clairement la nécessité de développer des outils de mesure fiables afin de jauger l'impact des programmes.