Sommaire Site MSD Version française
English Version
PROGRAMME DU KHBC POUR LA FORMATION DE PAIRS EDUCATEURS :
LE ROLE DE LA PREVENTION DU VIH/SIDA AU KENYA
1
1
1


Clip vidéo - haut débit
Collaboration KHBC-CIC

KHBC
Lire la vidéo

Une assurance couvrant le VIH/SIDA ? Inimaginable il y a encore quelques années, cette option existe désormais au Kenya, une compagnie d'assurance leader ayant intégré la couverture du VIH dans ses contrats d'assurance. La société Co-operative Insurance Company of Kenya Ltd (CIC) assure également son propre avenir et celui de ses employés à travers un programme VIH/SIDA innovant mené par des pairs éducateurs. C'est, au Kenya, l'une des premières entreprises du secteur des assurances à prendre une telle initiative.

L'éducation par les pairs, de quoi s'agit-il ?

Sur une population de 33,4 millions de Kényans, environ 80 000 meurent chaque année de maladies liées au SIDA. La plupart d'entre eux ont moins de 30 ans. Avec un nombre aussi important d'entreprises touchées par la perte de jeunes employés, le lieu de travail joue un rôle essentiel pour sensibiliser à la maladie et promouvoir la prévention.

Les pairs éducateurs sont des employés qui se portent volontaires pour servir de modèles et informer leurs collègues sur les MST, le VIH et le SIDA à l'occasion de rencontres en tête-à-tête ou de discussions en petits groupes. Ils doivent également inciter ceux qui risquent d'être infectés par le VIH, à modifier leur comportement.

«Je parle du VIH/SIDA à mes collègues aussi souvent que possible, même dans des endroits aussi insolites que les toilettes ! » s'amuse Anne W. Kamau, l'un des 23 pairs éducateurs chez CIC. Formée par le Kenya HIV/AIDS Private Sector Business Council (KHBC, voir encadré), elle dit: « le plus grand avantage de la formation du KHBC a été de surmonter ma peur du VIH/SIDA. Le fait de briser ce tabou est un grand pas en avant. La formation a changé mon état d'esprit par rapport à la maladie et aux gens vivant avec le VIH.»

Qu'y a-t-il derrière la formation de pairs éducateurs dans les entreprises ? Avec le soutien du Kenya HIV/AIDS Private Sector Business Council, c'est un moyen très efficace pour les entreprises de mettre en oeuvre leur politique de lutte contre le VIH/SIDA sur le lieu de travail. Grâce à un don de 17 000 US$ de la Merck Company Foundation, le KHBC a élaboré des documents de formation de base dont se servent les pairs éducateurs dans vingt de ses entreprises membres.

« Ces affiches et ces brochures ont été développées en interne et seront distribuées aux pairs éducateurs formés en décembre dernier », explique Francis Njangiru, Responsable de Programme au KHBC. La formation de trois jours couvre plusieurs aspects de la maladie, comme les soins aux patients infectés par le VIH, et comprend des conseils de nutrition et des histoires vécues, afin de faire passer les messages de prévention et de soutien. Les brochures distribuées abordent des thèmes aussi variés que l'éducation par les pairs, les techniques de communication, les informations de base sur le VIH/SIDA, les principes/modes de conseil, l'information en matière de changement des comportements, des informations sur le conseil et le dépistage volontaire, des indications sur l'utilisation du préservatif, le rôle de la nutrition dans la prise en charge du VIH/SIDA, la vie positive et les soins à domicile.

La subvention de Merck vise à aider le KHBC à sensibiliser la direction et les salariés de vingt PME au concept d'un programme global de lutte contre le VIH/SIDA sur le lieu de travail, à prévenir les nouveaux cas d'infection par le VIH, à fournir les documents de prévention et de formation destinés aux pairs éducateurs, et à les former.

Le Kenya HIV/AIDS Private Sector Business Council (Conseil kényan des entreprises du secteur privé contre le VIH/SIDA)

En 2000, huit entreprises privées (dont Unilever, General Motors et Kenya Breweries) créaient le KHBC dont elles devenaient membres, en réaction à la déclaration du VIH/SIDA comme « catastrophe nationale » par le président de la République du Kenya. Cette organisation à but non lucratif mobilise le secteur privé afin de maîtriser et de limiter les conséquences du VIH/SIDA au travail et au sein de la communauté. Elle compte aujourd'hui cent cinquante membres, y compris de grandes entreprises publiques comme la Caisse nationale de sécurité sociale et Kenya Port Authorities Ltd. Son rôle majeur dans le combat contre le VIH/SIDA et la mise en oeuvre de stratégies au niveau national a amené le National AIDS Control Council (Conseil national de contrôle du SIDA) à considérer le KHBC comme "le" représentant du secteur privé.

Plus qu'une simple coalition d'entreprises, le KHBC répond aux besoins concernant le VIH au nom des entreprises, (en particulier des PME) désireuses de mettre en œuvre une politique de lutte contre le VIH/SIDA et un programme sur le lieu de travail, mais qui ne disposent pas des ressources nécessaires. « Nous préparons la politique de lutte contre le VIH/SIDA, ainsi que les programmes sur le lieu de travail pour les directeurs et responsables des ressources humaines, nous sensibilisons leurs salariés et les encourageons à se soumettre à un dépistage, nous prêtons des vidéos et des livres, nous donnons des affiches et des brochures, et nous distribuons les préservatifs fournis par le gouvernement. Pendant ce temps, les entreprises poursuivent leurs activités, comme d'habitude », explique Francis Njangiru.

Le KHBC espère atteindre plus de 10 000 petites et moyennes entreprises (PME) locales, qui emploient jusqu'à 67 % de la population active, essentiellement des femmes.

La Co-operative Insurance Company of Kenya : un guide d'action pour la « vie positive »

La CIC est l'une des vingt entreprises bénéficiant des formations de pairs éducateurs menées par le KHBC. Créée en 1978, la société CIC a lancé un programme VIH/SIDA en 2005 pour ses 125 salariés réguliers et ses 25 agents vendant des assurances vie dans tout le pays. Fin 2006, 23 pairs éducateurs, soit un pour cinq salariés, avaient été formés par le KHBC.

« Devenir pair éducateur était naturel pour moi », déclare Denis Miano Wang'ombe, un salarié de 23 ans employé au service Life (chargé des assurances vie). « La majorité des personnes infectées sont dans ma tranche d'âge. Je suis intimement persuadé que je peux responsabiliser les gens de mon âge et que, ensemble, nous pouvons faire la différence », dit-il avec enthousiasme. Ce que je préfère dans la formation, c'est ce que nous apprenons à propos de la communication sur le VIH/SIDA, mais aussi sur la façon de prendre soin des personnes infectées pour les aider à avoir une vie positive. J'ai pu dialoguer avec certains de mes collègues au travail, même si le temps et la disponibilité sont vraiment les plus grands obstacles que je rencontre. Au moment du déjeuner, les gens préfèrent souvent aborder des thèmes légers et après le travail, tout le monde se dépêche de rentrer… Et bien sûr, je dois faire mon propre travail pendant mes heures ! »

La CIC offre également une assurance maladie de qualité à ses employés. Parmi ses prestations, citons l'hospitalisation en lien avec le VIH et 50 % de la couverture totale pour les maladies chroniques comme le cancer, le diabète, etc. La CIC ne demande aucune contribution supplémentaire à son personnel.

Pour Amina Jaberney, responsable des ressources humaines, l'intérêt pour les personnes et la productivité sont le reflet des valeurs fondamentales de la CIC : « La stratégie de lutte contre le VIH lancée en août 2006 nous a aidés à aligner notre politique d'entreprise sur notre politique de lutte contre le VIH/SIDA. Parfois, la bonne volonté ne suffit pas et il faut faire appel au savoir-faire des autres. Le KHBC nous a aidés à mettre en place notre politique et à former nos pairs éducateurs. »

Aujourd'hui, la CIC est dotée d'un groupe de travail sur le VIH, réunissant un délégué de chaque service, hommes et femmes confondus, appartenant à différentes tranches d'âge. Il se réunit tous les mois pour discuter du VIH/SIDA et a développé un plan d'action pour 2007 incluant des campagnes de sensibilisation pour les salariés et les personnes à leur charge.

Quelles sont les prochaines étapes pour la CIC ? Des conférences pour les salariés et les personnes à leur charge sont prévues à l'hôpital Aga Khan de Nairobi, leur hôpital de référence. Des tests volontaires de dépistage du VIH seront également organisés. Une nouvelle journée de conseil et de dépistage volontaire devrait avoir lieu cette année. La CIC espère également former des pairs éducateurs dans ses douze succursales à travers le Kenya et, dans un deuxième temps, partager ses meilleures pratiques avec le secteur des assurances. D'après la direction, ce secteur a une clientèle importante et si la CIC arrive à convaincre ces sociétés, cela sera positif à la fois pour le secteur et pour le pays en général.

La CIC souhaite par-dessus tout prouver aux autres compagnies d'assurance, et au secteur privé dans son ensemble, que le VIH/SIDA peut être combattu au travail, et qu'il est avantageux pour l'entreprise, sur le plan humain et financier, de traiter et d'assurer les personnes vivant avec le VIH/SIDA, pour leur permettre de rester productifs et d'avoir une vie positive.

Pour plus d'informations sur le Kenya HIV/AIDS Business Council, consultez le site Web www.kenyabusinesscouncil.org ou envoyez un e-mail à : info@kenyahivbusinesscouncil.org

Entretiens et article de Sophie d'Aurelle de Paladines
Photos et vidéo de Frédérique Remy
Editeur: Fiona Hall


1
1
1
Article du Mois
1
1
1
1
1
1
1 1
1
1
1
1
1
1 1 1 1