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TEMOIGNAGES DE VILLAGEOIS
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Témoignages des habitants d'un village en Côte d'Ivoire
- Impact sur la vie des villageois de la campagne de sensibilisation
et de prévention contre le VIH menée par l'ANADER

Selon le dernier rapport de l'ONUSIDA 2004 publié fin 2003, environ 7 % des Ivoiriens âgés de 15 à 49 ans (soit 530 000 personnes pour une population de plus de 16 millions) ont été infectés par le VIH. Le rapport met en évidence cette tranche d'âge comme étant la plus exposée au risque d'infection.

Des habitants de Bodo, village situé à cent neuf kilomètres au nord d'Abidjan, qui font partie de cette tranche d'âge, expliquent combien la campagne de sensibilisation et de prévention contre le VIH de l'Anader a influencé leur quotidien.



Janette et Angeline : sages-femmes du village

Janette and Angeline 

Janette, sage-femme surveillante chef de Bodo, et Angeline, son assistante médicale, appartiennent à la tranche d'âge des femmes entre 30 et 45 ans.

Janette et Angeline achètent des préservatifs aux jeunes du village. Elles les donnent ensuite à leur époux car les préservatifs pour femme n'ont pas encore été adoptés au village.

Janette affirme que la campagne de sensibilisation contre le VIH/SIDA menée dans le village permet aux jeunes et aux personnes plus âgées de parler ensemble d'un sujet traditionnellement tabou.

« Autrefois, les jeunes ne parlaient pas de sexe avec leurs parents », confie Janette. « Aujourd'hui, ils veulent savoir. Ils posent donc des questions et nous leur expliquons les choses », poursuit-elle.

Elle déclare également qu'ils sont désormais conscients de l'importance du test volontaire de dépistage du VIH. « Si j'avais peur d'être contaminée, j'irais immédiatement à l'hôpital de Tiassale », indique Janette. « Je le dirais aussitôt à mon époux et je veillerais à ce qu'il m'accompagne à l'hôpital pour passer le test », ajoute-t-elle.

Lorsque Janette et Angeline accouchent des femmes à la maternité locale du village, elles stérilisent désormais l'équipement, de même que l'instrument qui leur permet de couper le cordon ombilical du nouveau-né. Elles veillent également à changer les gants en plastique qu'elles utilisent. Si elles pratiquent la scarification, elles stérilisent les lames dont elles se servent. Elles ont cessé de tresser leurs cheveux car les aiguilles qu'elles utilisaient favorisaient la transmission du VIH.



Venance et Yapi : planteurs de Bodo

Venance and Yapi  

Venance, 40 ans, et Yapi, 39 ans, planteurs, vivent et travaillent à Bodo. Venance préfère vivre dans l'abstinence et rester fidèle à son épouse plutôt que d'utiliser des préservatifs. « Depuis que je connais le risque d'infection au VIH grâce au comité du village, j'ai changé de comportement », déclare-t-il.

A l'instar de Janette et d'Angeline, ils insistent sur l'importance d'aller à l'hôpital pour passer le test VIH volontaire, bien qu'ils n'aient pas encore eu l'occasion de le faire. Ils ne savent pas si leurs proches ou leurs amis sont séropositifs, car ce test n'est toujours pas pratiqué au village.

« L'idéal serait d'avoir un hôpital ici, au village, où nous pourrions passer le test », indique Yapi. « Si je me savais séropositif, je prendrais mes précautions pour ne pas contaminer mes partenaires et je n'aurais pas peur de le dire aux gens », affirme-t-il.

Aujourd'hui, le village dispose d'un hôpital, mais l'équipement et le personnel font défaut.

Lorsque Venance va chez le coiffeur, il emmène sa propre lame stérilisée. Il déclare également que la campagne a fait prendre conscience aux gens du risque du VIH associé à la circoncision. Il explique que la circoncision est désormais pratiquée dans les hôpitaux.

Yapi n'a pas encore parlé du SIDA à ses enfants, car il pense qu'ils sont trop jeunes pour comprendre. « Pour l'instant, je leur dis de ne pas utiliser les objets tranchants d'autres personnes, comme les rasoirs », explique-t-il.



Irénée : jeune mère célibataire

 Irenee and her baby

Irénée est une jeune mère de 18 ans qui vit à Bodo. Étant donné qu'elle doit s'occuper de son bébé et aller à l'école, elle n'a pas beaucoup de temps pour assister aux événements qu'organise le comité du village sur le SIDA.

Elle ne parle pas très facilement de sexe avec sa famille.

Elle a appris l'existence des préservatifs à l'école. Elle s'en procure en pharmacie ou dans les grandes villes, comme Abidjan. « J'achète des préservatifs pour être sûre d'être protégée lorsque j'ai des rapports sexuels », déclare Irénée tout en essayant de consoler son bébé de 13 mois qui souffre du paludisme.

La jeune femme reconnaît que les filles de son âge vont au cinéma et à l'école pour avoir des relations sexuelles avec des hommes. Elle n'a pas encore passé le test VIH volontaire, mais souhaite le faire.



Allico Pierre William : jeune homme

Allico a 19 ans. Il participe aux campagnes de sensibilisation sur le VIH/SIDA organisées par le comité du village en vendant des préservatifs. Il nous confie qu'il parle avec ses amis de la nécessité d'utiliser des préservatifs et d'avoir des rapports protégés.

Il souhaite passer le test VIH volontaire dès que possible. Il ajoute que s'il était séropositif, il ne le dirait qu'à ses parents.



Article rédigé par Ms. Karie Atkinson journaliste indépendante.
Photographies de Karie Atkinson et de Sophie d'Aurelle de Paladines



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