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MISSION DE MOBILISATION
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Parmi les bénéficiaires de la formation....
Photo Journal

Fer de lance de l'Accelerating Access Initiative (Initiative en vue de
l'amélioration de l'accès aux médicaments)
au Kenya, Phillips Pharmaceuticals Ltd continue à mobiliser
secteurs privé et public afin d'aider les patients séropositifs.


Faites donc le tour des entrepôts de Phillips Pharmaceuticals Nairobi, capitale du Kenya. Vous aurez l'impression que l'activité de l'entreprise se limite à l'importation et à la distribution de fournitures médicales et de médicaments. Des caisses de marchandises importées, dont des antirétroviraux (ARV) de marque, sont méticuleusement stockées ; des rangées d'employés les vérifient soigneusement ; des camions de livraison entrent et sortent sans cesse pour emporter les marchandises qu'ils auront à distribuer à travers le pays.

Mais ces murs renferment bien plus qu'un simple distributeur œuvrant pour le compte des grandes entreprises pharmaceutiques européennes et américaines. En y regardant de plus près, on découvre une société privée s'efforçant avec un enthousiasme hors du commun de mettre la prévention, le traitement et les soins du VIH à la portée des patients du Kenya.

Phillips s'investit pour faciliter l'accès aux ARV

Bien que Phillips Pharmaceuticals ne réalise aucun bénéfice sur la distribution des ARV, l'entreprise a contribué à la mise en place de l'« Accelerating Access Initiative (Initiative en vue de l'amélioration de l'accès aux médicaments) , ». Signé en mai 2000 par l'ONUSIDA, l'OMS, l'UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) et cinq multinationales pharmaceutiques, cet accord vise à réduire le coût des trithérapies dans les pays en voie de développement d'environ 800 $ par mois à une somme comprise entre 40 $ et 60 $.

 
Après l'annonce de cette initiative, Phillips Pharmaceuticals a décidé de facturer des frais de manutention minimes, à savoir 5 %, sur les ARV. Plusieurs intervenants, dont certains hôpitaux privés, ont également accepté de réduire leur marge commerciale à 5 % seulement, afin de rendre les ARV plus accessibles aux patients kényans. Depuis, cette décision a également été adoptée par d'autres acteurs de la chaîne d'approvisionnement en médicaments VIH, comme la Mission de médicaments essentiels et fournitures médicales (MEDS), réseau de distribution privé religieux qui fournit des ARV aux hôpitaux missionnaires situés dans les zones reculées du Kenya.

Phillips déclare que l'implication et la détermination du secteur privé, notamment des organisations religieuses telles que MEDS et des sociétés privées comme elle-même, qui se battent pour garantir que les médicaments arrivent à temps et sans problème, permettent une gestion efficace et judicieuse du réseau de distribution d'ARV du pays. Selon le Directeur général de la société, M. Mukesh Mehta, les programmes anti-VIH financés par des dons internationaux et les initiatives gouvernementales en la matière dépendent de ce réseau de distribution privé, déjà en place. .

« Des donateurs internationaux nous demandent désormais de les aider à créer des réseaux de distribution d'ARV dans d'autres pays d'Afrique, sur le modèle de l'expérience kényane », ajoute le Directeur général.

Grâce à la bonne marche de ce système de distribution d'ARV, qui repose sur un partenariat entre le secteur privé, le secteur public et les missions établies au Kenya, les patients de plus de 100 centres de traitement du VIH, situés à la ville comme à la campagne, ont désormais accès aux soins et au traitement du VIH.

« Lorsque Phillips a lancé son projet à but non lucratif concernant les ARV, seuls 300 patients bénéficiaient des médicaments, car nos moyens financiers étaient limités », déclare Mukesh Mehta. Et d'ajouter : « Aujourd'hui, les prix des ARV, établis grâce à l'Accelerating Access Initiative, nos frais de manutention peu élevés, l'efficacité du réseau de distribution privé en place et le soutien financier de donateurs internationaux dont le gouvernement américain, par l'intermédiaire du PEPFAR (President's Emergency Plan for Aids Relief - Plan d'Urgence du Président des États-Unis contre le SIDA), permettent à près de 20 000 patients séropositifs de recevoir un traitement ».

M. Mehta est constamment à l'affût des nouvelles susceptibles d'avoir une incidence sur la vie des personnes séropositives. Encore tout récemment, l'importateur de médicaments a montré son implication dans la lutte contre la hausse du coût des ARV en faisant activement campagne contre l'annonce, fin janvier 2005, par l'Union douanière de la Communauté d'Afrique de l'Est d'une taxe à l'importation de 10 % sur les médicaments importés au Kenya, y compris les ARV d'importance vitale et les traitements contre les infections opportunistes liées au VIH. Avec d'autres acteurs du combat contre le SIDA, au Kenya et dans toute l'Afrique orientale, l'entreprise a fait pression pour empêcher l'application de cette taxe qui représenterait un recul majeur en matière d'accès aux ARV pour les patients du pays entier.

« C'est en définitive le patient qui pâtirait de cette taxe car les programmes anti-VIH financés par le gouvernement et les donateurs internationaux devraient alors compenser la hausse du coût des médicaments en incluant moins de patients », explique M. Mehta.

Phillips s'attaque au retard en matière de
formation sur la prise en charge du VIH au Kenya

 
Non content de rendre les traitements du VIH/SIDA plus accessibles aux patients, Phillips joue également un rôle crucial dans la formation des professionnels de la santé (médecins, infirmiers, responsables médicaux) au sein des entreprises, et des hôpitaux publics, privés et missionnaires. « Dès le départ, nous nous sommes battus pour donner un coup de fouet aux programmes de formation destinés à améliorer l'administration des ARV. En effet, peu d'intervenants consacraient du temps et des ressources à cette question », relate M. Mehta. « Nous pensions qu'il était extrêmement important d'expliquer aux médecins comment soigner et prendre en charge leurs patients, et de les tenir au courant des nouveautés en la matière », ajoute-t-il.

Preuve s'il en était besoin de l'implication de Phillips dans le domaine de la formation, M. Mehta a constitué au sein de son entreprise une équipe qui rend visite aux médecins travaillant dans les centres de traitement du pays. Elle a pour mission de leur fournir les toutes dernières informations sur les ARV et leur administration. Phillips a également signé un accord avec MERA (Medical Education Resource for Africa - Ressource d'éducation médicale pour l'Afrique) concernant la distribution de journaux médicaux aux prestataires de soins de santé du pays. « Comment voulez-vous qu'un médecin travaillant en zone rurale et ne disposant d'aucun accès à Internet puisse suivre au jour le jour l'évolution des directives internationales concernant les ARV et se tenir au fait des dernières nouveautés ? », demande-t-il. « Nous avons donc pris la décision d'intervenir, et de rattraper le retard tant au niveau de la formation que de l'accès à l'information », ajoute-t-il.

 
Aujourd'hui, via son partenariat avec le  The Kenya HIV/AIDS Private Sector Business Council  (coalition d'entreprises du secteur privé du Kenya contre le VIH/SIDA) et le Fonds mondial, Phillips, distributeur des médicaments anti-VIH de Merck Sharp & Dohme (MSD), occupe toujours une place prépondérante : il initie et organise à l'intention des professionnels de la santé travaillant en entreprise des programmes de formation en soins du VIH et des ateliers sur les dernières évolutions dans le domaine du VIH. Dans le cadre de ces initiatives, la société a mis au point un programme qui a depuis été intégré aux documents de formation d'autres organisations.

Les cours des ateliers de formation, qui durent de 2 à 3 jours, expliquent par exemple comment diagnostiquer et traiter les infections opportunistes liées au VIH, ou quand initier un traitement à base d'ARV dans les pays pauvres. Ils proposent également des études interactives de cas : dans ces mises en situation réalistes, les professionnels de la santé peuvent dépasser le cap de la théorie et mettre leurs connaissances en pratique.

La société s'efforce également d'aider les entreprises à mettre en place des programmes contre le VIH sur le lieu de travail à l'intention de leurs employés. Elle fournit à cet effet à la direction des Ressources Humaines des études de cas et des documents présentant des arguments économiques convaincants sur l'intérêt de tels programmes, à soumettre à la direction de l'entreprise. Elle anime en parallèle au sein des entreprises des programmes de sensibilisation et de prévention contre le VIH/SIDA, en collaboration avec les départements des Ressources Humaines. Objectif : mettre fin au stigma associé au SIDA et encourager les employés à profiter des programmes de traitement proposés par leur entreprise.

Mais quelles motivations poussent donc une société à se lancer dans la lutte contre le VIH ? M. Mehta insiste sur le fait que l'initiative anti-VIH de la société n'a pas été entreprise dans le cadre d'une stratégie de relations publiques destinée à promouvoir son image, mais qu'il s'agit d'un programme basé sur la simple bonne volonté et centré sur l'élément le plus important de la chaîne de distribution : LE PATIENT.

 Mr. Mehta

 Mr. Mehta.

« Chaque entreprise doit définir la responsabilité sociale qui lui incombe et le travail qu'elle doit réaliser en vue d'atteindre cet objectif. Nous pourrions nous contenter d'importer, de stocker et de distribuer des ARV. Après tout, c'est notre principale compétence », déclare M. Mehta "« Toutefois, nous estimons qu'il est de notre devoir de nous assurer que les professionnels de la santé prescrivant et délivrant les médicaments les utilisent correctement, ceci afin de garantir que le patient bénéficie de soins de qualité et des dernières découvertes en matière d'administration des traitements », affirme-t-il."

Il y a 5 ans encore, les traitements antirétroviraux (ARV) étaient inabordables pour la plupart des habitants au Kenya. Par ailleurs, seule une poignée de professionnels de la santé savaient soigner et prendre en charge les patients séropositifs. Aujourd'hui, les ARV ne sont pas encore accessibles à tous et le nombre de médecins formés aux soins du VIH reste insuffisant. Néanmoins, des progrès considérables ont été réalisés grâce à des initiatives du secteur privé, comme celle du distributeur Phillips Pharmaceuticals Ltd., qui a osé sortir des sentiers battus.

Article rédigé par Ms. Karie Atkinson. journaliste indépendante
Photographies par Ms. Karie Atkinson et de Mrs. Sophie d'Aurelle de Paladines



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